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Comment classer ?

Le pistolet "minima"

lundi 11 novembre 2019, par Jean Pierre Bastié, Vice Président de l’UFA

En 1945, la législation mise en place avant-guerre est toujours en vigueur. Les armes de petits calibres, en 6,35 et 7,65 Browning qui étaient encore accessibles aux particuliers quelques années plus tôt sont classées et nécessitent une autorisation de détention depuis 1939.

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Le brevet enregistré en 1947 sous le numéro 923 598 décrit « un pistolet à répétition à canon fixe et percuteur tournant ».

Mais cette législation, créée dans l’urgence, a une faille. Une faille que Marcel Cadet découvre et met à profit en 1946 en créant une arme de poche qui échappe à la réglementation en vigueur. Les munitions à percussion annulaire, en calibre 22, ont été oubliées par le législateur de l’époque, et c’est autour de ces munitions de petit calibre qu’il développe une arme de poche pour laquelle il dépose une demande brevet le 30 janvier 1946.
La réalisation de cette arme est confiée aux ateliers de la maison André Boyer à Saint-Etienne.

Un percuteur rotatif

Le Minima est un pistolet à répétition, à percussion annulaire, librement inspiré par le Derringer à percuteur rotatif développé par Sharp à la fin du XIXème siècle.
L’arme est légère, elle pèse moins de deux cents grammes, compacte et facile à mettre en œuvre. Elle tire la cartouche de 22 court.
Construit en aluminium, le Minima dispose d’un bloc de quatre canons lisses. Ce bloc est lié au bâti par une broche logée sous les canons.
Le pistolet est dépourvu de tout système de sécurité. L’inventeur le revendique d’ailleurs dans son brevet « Ce pistolet n’a besoin d’aucune sûreté ; il peut donc être mis dans la poche chargé, mais non armé et prêt à tout moment à faire feu ».
Le bloc de canons doit être désolidarisé de la carcasse pour être approvisionné par l’arrière avant d’être repositionné et bloqué par la broche dans son berceau. Faute d’extracteur, on doit s’aider de la broche pour repousser les étuis tirés hors de leurs logements.

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Avec ses 90 mm, ce pistolet est facile à dissimuler dans une poche.

Plus dix mille exemplaires sont fabriqués, mais le décret du 23 mai 1952 qui place les pistolets à percussion annulaire de calibre inférieur ou égal à 6 mm et de longueur totale inférieur vingt-huit centimètres en en 4ème met fin à l’aventure.

Le classement

Classée initialement en 7ème catégorie cette arme de poche est aujourd’hui classée en catégorie B, au grand dam des collectionneurs d’armes originales qui aimeraient bien la voir passer en catégorie D, catégorie où sont classées la plupart des armes américaines [1] dont l’inventeur français s’est inspiré.


[1Derringer Sharp et Derringer Remington Elliot.

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