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Un zouave tireur de première classe et premier prix de tir

Par François C.

vendredi 23 août 2019, par lionrobe

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Notez que les épinglettes de tir attribuées postérieurement à 1866, n’ont justement… plus d’épingles ! Il n’y a plus de lumière à déboucher…l’épingle détrônée par le Chassepot est remplacée par un crochet de boutonnière.

Voici un beau document qui nous replonge dans l’ambiance d’une époque, pas si lointaine, où les destinées du tir civil et militaire se croisaient dans la frénésie de la revanche de l’humiliation de 1870.

Les militaires « challengeaient » au sein de leur propre régiment pour la gloire et la permission accordée à l’occasion de l’attribution du fameux cor, mais aussi au sein des sociétés civiles de tir, souvent mixtes, pour glaner d’autres lauriers. Ces sociétés de tir, dument encouragées par les ministères, étaient la continuité de la pépinière guerrière de cette période. Au détour des tirs scolaires, la jeunesse de France venait y affuter ses vertus patriotiques et effectuer des préparations militaires, etc.

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Rare document donc, où l’on retrouve mêlés les attributs militaire (épinglettes argent, or, insignes de manche dorés de tireur de 1ère classe) et le diplôme de 1er prix de tir de la Société de Tir d’Alger, avec la médaille de ladite société ainsi que celle de l’Union des Sociétés de Tir de la Région de Paris

Le règlement militaire est le suivant :
«  le cor de chasse en argent doré avec épinglette et chaîne en argent qui constitue le 1er Prix de tir de l’année attribué individuellement à un seul titulaire au niveau du Corps (Régiment, Bataillon formant corps) en fonction des résultats des tirs d’une année entière ou lors des concours à 2 exemplaires (un pour un sous-officier et un pour un caporal ou soldat ». Lors des concours, les suivants reçoivent une épinglette en argent dans les limites de 2 sous-officiers et 9 caporaux ou soldats. Les régiments d’Afrique attribuent 12 épinglettes en argent par régiment par exception lors des concours. Ces épinglettes, portées sur le devant de la tunique, sont la propriété individuelle de l’homme qui peut cumuler plusieurs épinglettes.

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- le corps de chasse brodé, cousu sur la manche gauche de la tunique, de la capote et de la veste, est attribué en fonction du classement des tirs de l’année et pour une année seulement à raison de 36 par régiment (54 pour les régiments d’Afrique), 15 par bataillon de chasseurs, 18 par Bataillon d’Infanterie légère d’Afrique. Le cor de chasse est brodé en or ou en argent selon le métal du bouton de l’uniforme. Le titulaire d’un corps de chasse brodé peut le porter une deuxième année s’il reste au moins tireur de 1ère classe. Les réservistes qui possèdent un corps de chasse brodé l’année de leur libération le conservent lorsqu’ils sont rappelés.

- l’insigne de tir est accordé pour une année seulement à tous les tireurs de 1ère classe, à l’exception des sous-officiers, il est cousu sur la manche gauche, il consiste en un cor de chasse écarlate pour les régiments d’infanterie et en drap jonquille pour les bataillons formant corps.

A noter que la mention des récompenses de tir figure sur le livret individuel, qu’un tableau des tireurs de 1ère classe est affiché dans les chambres des compagnies et que des permissions de 30 jours sont accordées aux tireurs primés (à condition d’avoir une bonne conduite habituelle). 

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Le port de l’épinglette et du cor à l’époque
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Détail des médailles de tir civiles : la Parisienne 
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L’Algéroise

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