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Le JO-LO-AR

dimanche 5 septembre 2021, par lionrobe

Il était une fois... 4 frères (la firme Calixto Arrizabalaga et fils) qui inventèrent en 1911 un pistolet automatique « le Sharp sooter  » dont la production fut sous-traitée jusqu’à la création en 1920 de l’atelier « Hijos de Calixto Arrizabalaga », A cette occasion, le Sharp sooter fut correctement dénommé « Sharp shooter ».

Cet article fait partie d’une suite de 3 articles.
- Le Campo-Giro ; premier pistolet automatique réglementaire de l’armée espagnole
- L’Astra 400 : le « fils » du Campo-Giro, entre les mains des deux camps pendant la guerre civile espagnole, en Amérique du sud, et aussi des nazis
- Le JO-LO-AR : vous êtes sur cet article
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Le Sharp shooter


En 1919, José Lopez Arnaiz conçut de son côté un système de levier d’armement latéral « palanca  » pour pistolet automatique dont l’adaptation à la glissière permettait l’armement d’une seule main. Il parvint en collaboration avec Pedro Altuna à supprimer de fait sûretés et pontet dès 1924, patente déposée sous le nom de JO-LO-AR, ses initiales et se rendit à Eibar, coeur de l’industrie armurière espagnole, pour la proposer aux firmes en place.
Seule la firme Arrizabalaga manifesta un intérêt pour cette invention à l’usage de son pistolet qui peinait à connaître le succès malgré l’adjonction d’un nouvel modèle d’extracteur. Elle accepta de confier son pistolet à la firme nouvellement créée par Arnaiz "Fabrica de Armas y Dispositivos JO-LO-AR" qui se chargerait de l’adjonction du système.
En 1927, Emeteriop et Carlos Echevarria, nouveaux propriétaires des patentes du pistolet et de son amélioration, commercialisèrent le JO-LO-AR avec une célèbre affiche de propagande.

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Enfin, en 1932, le système évoluait en s’inspirant du « Einhand  » de la « Aktiengesellschaft Lignose  » avec actionnement de la glissière par pression sur la gâchette d’une carcasse-poignée dépourvue de pontet.

De par son armement possible d’une seule main, l’arme apparaîtra dans l’imaginaire populaire comme celle des manchots de la première guerre mondiale, puisqu’il s’est effectivement dit que le colonel José-Millian Astray, commandant de la Légion étrangère et mutilé, aurait été à l’origine de l’idée.
Elle sera néanmoins appréciée des polices montées, avec un contrat péruvien et un autre portugais.

Le JO-LO-AR fut produit en 5 calibres de 1920 à 1930 environ :
• 6.35mm (.25 ACP) ;
• 7.65mm (.32 cal) ;
• 9mm Corto (.380 ACP) ;
• Americana 11.5mm (.45 ACP) ;
• 9mm Largo (Bergmann-Bayard). Pour ce modèle d’une capacité de 8 coups, présenté ici, les caractéristiques sont :
- Longueur totale : 230 mm ;
- Longueur du canon : 155 mm ;
- Poids vide : 1 150 g.

Le canon est fixe, la glissière est dégagée vers le haut, la paire de plaquettes quadrillées est en ébonite.
La production est estimée à environ 30 000 exemplaires, principalement en 9 Largo.
Curieusement, le 15 septembre 1924, le banc espagnol inaugura l’enregistrement (distinct des Sharp shooters) du premier JO-LO-AR (chambré en 380 ACP), à partir du numéro 68 027 correspondant à la production de la première génération des Sharp shooters.
En 1931, un exemplaire en 9mm Browning court fut soumis à la Commission d’Expériences de Versailles, la commodité du levier d’armement fut le seul point positif retenu.

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Couvercle d’une boite de munitions pour le pistolet JO LO AR.
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De série, un canon réducteur de tir au coup par coup en 4mm était fourni
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De rares exemplaires ont pu faire l’objet d’une attention particulière, comme celui-ci livré en coffret,ou celui-ci, exemplaire destiné au Général Carmona

Le JO-LO-AR fit l’objet d’un contrat de 1 000 exemplaires pour le Pérou en prélude à la guerre colombo-péruvienne de 1932-1933 et pour la guerre civile espagnole, je cite Jean-Pierre Bastié :

L’aventure industrielle s’arrête avec la guerre d’Espagne. L’usine est d’abord pillée par les Républicains qui s’emparent des armes en stock puis détruite par un incendie. Nul ne sait combien d’armes ont été récupérées par les Républicains lors de la mise à sac de l’usine, mais ces armes figurent en bonne place sur les photos d’époque de la guerre civile espagnole.. Ici dans un conflit social des années 30. 


 

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Conflit social photo « Armes et Tir  » N° 173
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Etui réglementaire ou pas ?
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