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Les escrocs sont de sortie…

lundi 10 mai 2010

S’il est évident que chaque collectionneur recherche pour sa collection l’objet rare il ne faut quand même pas trop croire au « Père Noël ».
Bien entendu, il n’est pas question ici de tenir un discours moralisateur, mais simplement de réfléchir ensemble sur ce qui crée la prolifération des malfrats de tout poil.
En plus des éléments déjà développés sur le site j’aimerais avec votre accord ajouter ces modestes propos.

Je suis assez surpris de constater la présence constante de pseudo collectionneurs sur certains sites de vente Internet.
Ces bons apôtres ne connaissent bien sûr rien aux armes, ils l’avouent sans honte dans l’énoncée de leur annonce, avec bonhomie, pêchant ici ou là la prose d’un collectionneur bienveillant venant à son secours, le remerciant avec chaleur, distribuant ici un bon point, là un « carton jaune ou rouge »…
Les photos des objets sont floues, nulles, mais notre béotien ne dispose pas non plus de matériel valable, il s’en excuse également. Par contre les moyens de paiement lui sont très familiers.

Parfois lorsque vous lui posez une question sur les marquages, l’état mécanique, la présence de rayures dans le canon, au mieux il vous dit avec des sanglots dans la plume qu’il ne sait pas, n’étant pas un spécialiste, au pire il ne répond pas surtout lorsque la quête d’info porte sur un sujet mettant en cause la catégorie réglementaire de l’objet proposé.
Une constante seulement, il connaît les prix et fait en sorte d’être à la limite inférieure de la cote de façon à appâter l’amateur.
Ils ne manquent pas les experts du dimanche pour expliquer, ici l’histoire de l’arme, là la catégorie à laquelle elle appartient dans la réglementation française, en fonction parfois de critères fumeux non vérifiés et surtout complètement faux !
Comment en vouloir à ce vendeur de bonne foi, il dit lui-même ne rien connaître aux armes à feu, si l’objet est un faux, une grosse magouille, une arme volée, ou prohibée ?

La leçon vaut bien parfois un fromage

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Exemple typique d’appât : cette baïonnette de chasseur mle 1842 est intitulée glaive. Malgré son mauvais état, cela reste une pièce rare.

Marchand au noir, car tel est son vrai visage, celui-ci vendra à nos collectionneurs souvent naïfs en toute quiétude à longueur d’année et bon courage à celui qui voudra entamer des poursuites !
La vente est conclue dans l’état, parfois existe même une clause de non retour…
Et puis, pourquoi pas le dire, c’est tellement humain, l’achat de la super pièce rarissime à un prix scandaleusement bas, en tablant sur l’ignorance du vendeur, voilà la bonne raison d’acheter de cette façon !
Les escrocs le savent, bien entendu, ils en jouent, et tel est pris qui croyait prendre la leçon vaut bien parfois un fromage comme aurait dit monsieur de la Fontaine.

En ce qui me concerne, en bon provincial aux sabots plein de paille je veux voir ce que j’achète, payer le juste prix, le plus souvent à des professionnels, parfois moins cher, oui, oui, et surtout en toute quiétude avec facture et certificat d’authenticité, celle-ci pouvant tenir les deux rôles.

Lors d’un contrôle de police, ou plus grave encore, d’une garde à vue, il me sera possible de justifier de mon achat auprès d’une personne dûment identifiée, sans être impliqué dans une mauvaise affaire de recel d’objets volés, la catégorie légale garantie je ne tomberais pas dans une affaire de trafic et de détention d’armes prohibées…

Dans cette mauvaise affaire vous pourrez toujours dire que monsieur Tartempion vous a vendu l’arme en déclarant que la neutralisation était légale car en telle année lors de tel procès un cas avait fait jurisprudence, vous serez bel et bien dans l’urgence inculpé, et subirez toutes les rigueurs de la loi avec ses conséquences !

Le vendeur ? Il vous avait bien dit qu’il n’y connaissait rien, il « bottera en touche, » alors cherchez le responsable !

 

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