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Histoire

Les bataillons scolaires : un élan national

jeudi 6 septembre 2018

Le 10 mai 1871, la paix est conclue par le traité de Francfort. Elle matérialise l’abandon de presque tout le matériel de guerre, de la subordination des intérêts de notre commerce à ceux du commerce allemand, du règlement d’une indemnité ruineuse de 5 milliards et surtout de la cession de l’Alsace-Lorraine (sauf Belfort).

Une collaboration pour “l’enseignement du soldat” dans les lycées et collèges entre les instructeurs et les armées est reprise dès le lendemain de la défaite.

|Cet article fait partie d’une suite de trois articles :
- un élan national, vous êtes sur cet article,
- les jours de gloire, l’activité des bataillons scolaires va imprégner le quotidien de la population,
- une désaffection progressive. l’évolution des mentalités et la réticence des corps constitués auront raison des bataillons scolaires.

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Les Républicains se rangent à l’idée que « le rôle du maître est d’initier le jeune enfant au devoir militaire et au respect de la patrie » , car la défaite est imputée à une éducation scolaire inférieure au plan du patriotisme.

Le livre de poche du soldat rappelle que le service militaire doit être accompli avec « résolution, entrain, bravoure, dévouement, abnégation, discipline et patriotisme ».

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l’Alsace-Lorraine, terres françaises depuis Louis XIV, représentant au total 15 000 km² et deux millions d’habitants.

La loi du 20 janvier 1880 impose les exercices physiques dans les lycées à seule fin de former des citoyens robustes. Or, les exercices militaires y tenaient déjà lieu d’éducation physique dès 1802. Paris formalise la première l’instruction militaire sur le modèle suisse, mais hors d’un cadre légal.

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Bien d’autres écoles communales de communes rurales vont suivre.

La loi du 28 mars 1882 rend obligatoires l’enseignement et la pratique de la gymnastique et des exercices militaires dans les écoles primaires publiques de garçons (6 à 13 ans). Ceci nécessitera la formation de normaliens jusqu’alors dispensés sous condition du service national, mais parfois le renfort de soldats comme moniteurs de gymnastique.

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l’instructeur militaire pourra souvent être l’instituteur lui-même, souvent ancien sous-officier ou officier de réserve.

Le 6 juillet 1882, un décret signé par J. GREVY, président de la République et J. FERRY, Ministre de l’Instruction Publique, BILLOT, Ministre de la Guerre et GOBLET, Ministre de l’Intérieur, porte enfin création officielle des bataillons scolaires (garçons de 12 ans et plus), qui étaient apparus dès 1871. Les écoles privées, ne sont pas oubliées dans le décret. En effet, l’article 12 précise qu’elles sont autorisées « soit à incorporer leurs élèves dans le bataillon scolaire du canton, soit, si leur effectif est suffisant, à former des bataillons scolaires" distincts… »Dès 1882, les exercices militaires à l’école visent à permettre la réduction d’un service militaire coûteux pour la nation, objectif qui surmontera les réticences initiales du Ministre de l’Instruction Publique.
Sous l’impulsion de la Ligue de l’enseignement et de son Président Ferdinand Buisson, républicain et lui-même inspecteur général de l’instruction publique de 1879 à 1896, un manuel général ainsi qu’un manuel de gymnastique et d’exercices scolaires sont mis à disposition des enseignants.

Ces « Bataillons » devaient dispenser aux élèves une formation prémilitaire graduée, adaptée à leur âge, dont le programme était ainsi conçu :
Aux cours élémentaires, de 7 à 9 ans, gymnastique, exercices de présentation individuelle et évolutions collectives.
Aux cours moyens, de 9 à 11 ans, éducation physique avec éventuellement exercices aux agrès, marches, évolutions en ordre serré.
Aux cours supérieurs, de 11 à 13, gymnastique, agrès, évolutions en ordre serré, marches, éléments de topographie et préparation au tir. Une littérature populaire se développe pour exalter les valeurs du patriotisme et de la revanche « Le tour de la France par deux enfants », de G. Bruno, qui participe à l’idée de la récupération des deux provinces perdues,
«  L’Histoire de France au cours élémentaire » de Désiré Blanchet qui insiste sur la notion de devoir et de service à la patrie,

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