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Même la poste s’y met

mercredi 27 décembre 2017, par Jean-Jacques BUIGNE président de l’UFA

Pour finir l’année 2017, la poste nous a fait son petit cadeau empoisonné pour restreindre encore plus nos libertés : elle indique dans une page sur les marchandises - dangereuses ou interdites :
“Cas particulier des armes : Les armes, même démontées, ne peuvent pas être confiées à La Poste.”

En étudiant bien la page d’information de la poste, on constate que l’interdiction a été ajoutée au bas de la page comme si la décision avait été prise au dernier moment. Et, en téléchargeant le document pédagogique illustrant les différents produits et objets interdits, il n’est pas fait mention d’armes.

Juridiquement, c’est difficilement compréhensible :
-  Les modalités d’expéditions par voie postale sont définies par le Code de la Sécurité Intérieure. L’art R315-15 précise que l’expédition doit être faite par envoi suivi délivré contre signature. Et l’an R315-13 prescrit l’envoi en deux colis séparés pour les armes de catégorie A ou B.
-  La poste a signé avec l’état un contrat de service public dans lequel figure : le service universel postal et le transport,
-  C’est le Parlement qui, par la loi du 10 février 2010, a organisé ce contrat.

Le citoyen moyen ne peut que constater que cette entreprise ayant délégation de service public est devenue un "état dans l’état" où les règles du droit commun sont pour les autres, mais surtout pas pour l’entreprise.

Cette initiative de la poste, dont la légalité reste à prouver, condamne à mort le secteur de vente par correspondance de l’armurerie. Comme le nombre d’armureries de proximité a beaucoup diminué, dans certains départements il faut parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour trouver une armurerie. Ainsi toute la population qui habite loin des grands centres serait privé d’achat d’armes de tir, de chasse ou de collection.
Ajoutez à cela l’interdiction de prendre le train avec une arme, celle de transporter en voiture une arme de D2 sans motif légitime, les restrictions à la vente d’armes dans les bourses, l’ostracisme des transporteurs et des compagnies aériennes : les armuriers et les antiquaires peuvent fermer boutique !

A la fin du 19ème siècle, le tarif-album de la Manufacture d’Armes et Cycles de St-Étienne avait inauguré la vente par correspondance moderne en offrant les mêmes possibilités d’aliphatiques au fermier isolé de la Creuse et au colon de l’Obangui-Chari qu’au citadin de Lyon ou de Paris : on imposerait aux amateurs d’armes de reculer d’un siècle et demi alors que tout le système commercial de la planète passe aux ventes en ligne ?

Nous avions déjà réagi à l’impossibilité d’expédier des colis postaux avion contenant des armes. A l’époque, nous avions écrit au Président du Groupe la Poste, notre lettre. Mais sa réponse nous avait laissés sur notre faim réponse.


- Ces transporteurs qui n’aiment pas les armes !
- Pas d’avion pour les armes en colis postaux,
- Transport de munitions dans les bagages de soute,
- Brève : transport défaillants pour une arme de catégorie D2 acquise aux enchère et pour une expédition en France.
- Transport "hoplophobe". Même la SNCF s’y met

- Notre rubrique port et transport.

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