
Outre la santé mentale du collectionneur il y a un problème de sécurité publique qui pourrait être résolu d’une façon toute simple : pourquoi l’État ne soutiendrait-il pas financièrement la neutralisation des armes à feu pour des sommes relativement modestes ?
La mesure numéro 20 du Plan national de lutte, contre les armes illégalement détenues, prévoit de développer des actions en direction des citoyens.
Malheureusement, par manque d’ambition, elle se limite à inviter les citoyens à restituer dans les commissariats et brigades de gendarmerie les armes détenues de façon irrégulière.
Or, on sait depuis longtemps que ce type de mesure n’est absolument pas productif ! Preuve en est : la campagne « Rendez les armes » lancée aux Antilles en 2013.
Cette campagne, initiée dans un contexte d’insécurité croissante, n’a pas permis de récupérer plus de 600 armes en Guadeloupe, soit 100 armes par an depuis le début de l’opération, et cela pour une population de 395 000 habitants. C’est absolument dérisoire ! Encore faudrait-il connaître par le détail le type d’armes rendues. Il y a fort à parier qu’il s’agit essentiellement de pétoires hors d’âge qui auraient fini un jour ou l’autre à la décharge !

Les autres pays ?
Plusieurs pays par le passé ont lancé des campagnes de ce type avec promesse à la clef d’une indemnisation financière pour chaque arme rendue. Au bout du compte, on s’aperçoit que toutes ces campagnes n’ont rapporté qu’une infime partie des armes espérées par leurs promoteurs.
Et si nous pensions autrement ? On pourrait autoriser les propriétaires d’armes prohibées qui souhaitent les conserver à les faire neutraliser à moindre frais. Et l’État, si prompt à promouvoir des primes à la casse pour les automobiles, pourrait apporter un soutien financier pour compenser les prix prohibitifs de la neutralisation en France. Tout le monde y trouverait son compte :
– le particulier pourrait conserver une arme à laquelle il tient, souvenir d’un aïeul ou d’un passé militaire,
– l’État trouverait là un moyen efficace, productif et peu coûteux pour régulariser des armes qui restent aujourd’hui encore hors de contrôle.
Le mauvais exemple de l’Australie
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