Considérations sur la nouvelle loi !

samedi 10 novembre 2007, par Un citoyen Belge désabusé

La semaine passée, un boulanger, armé d’un revolver, a blessé deux des trois cambrioleurs qu’il avait surpris avec des tournevis en main dans sa boutique. On reprochera sûrement au tireur de ne pas avoir employé des moyens de défense proportionnés à ceux de l’attaque. Pourtant, à trois contre un, ces gaillards armés de ces outils auraient pu facilement le tuer. Et d’ailleurs, comment ce boulanger aurait-il pu deviner les moyens en possession des assaillants ? Et peut-être n’avait-il pas sous la main une gamme complète d’armes de défense où il aurait pu choisir à l’aise le moyen adapté à celui des cambrioleurs ?

Je vois maintenant dans le journal de ce 6 novembre un crime commis par 2 cambrioleurs (possédant au moins une arme à feu … bizarre, pourtant celle-ci aurait du être rentrée aux autorités !) qui n’ont pas hésité à tuer un autre boulanger armé seulement d’un couteau. Peut-être la victime venait-elle d’aller rendre ses armes à feu aux autorités ou s’était-elle vue refuser l’autorisation d’acheter une arme de défense ? Qui a maintenant peut-être sa mort sur la conscience ?

Mais où allons-nous donc ? Pourquoi dénier aux citoyens le droit fondamental de se défendre ou de défendre sa famille ? N’y a-t-il donc que les policiers, les chasseurs et les tireurs qui pourront conserver les moyens de faire face à une attaque ? C’est une discrimination grave !! Ou alors, veut-on que la population s’arme au marché parallèle ou à

Un fiasco

Il est évident que la nouvelle loi n’a tenté de désarmer que les personnes honnêtes, les laissant à la merci des malfrats. Heureusement, la majorité des gens ont conservé leurs armes, entrant ainsi, mais sans le souhaiter, dans l’illégalité.

Le fiasco de la loi s’explique :
- Personne ne souhaite perdre les moyens de se défendre le cas échéant.
- Nul n’est prêt à rendre gratuitement ce qui lui appartient (certaines pièces valent des fortunes)
- Aucun gangster n’est venu rendre son arme comme on se l’imaginait benoîtement
- Ces armes constituent souvent des héritages familiaux d’une grande valeur sentimentale
- Parfois, il s’agit de prises de guerre sur l’ennemi par un parent (trophée, souvenir très important).
- Celui qui déclare son fusil de chasse devra le rendre dans 5 ans (ou plus tard … sous un autre gouvernement).
- Celui qui a un motif pour garder son bien doit s’attendre à des taxes salées (ne serait-ce pas plutôt des amendes ?).
- Les autorités n’ont pas les moyens (ni du temps) à consacrer à l’application d’un arrêté trop restrictif.

Modification à l’étude

Heureusement, on nous dit qu’une modification de la loi est à l’étude. Mais que peut-on souhaiter qu’elle comporte ?

1) Il faut éviter les achats impulsifs comme celui qui a permis à cet extrémiste flamand de tuer deux personnes et d’en blesser une autre à Anvers en mai 2006. Pour cela, tous les achats devraient être différés :
- on devrait présenter un certificat de bonne vie et mœurs au vendeur.
- on devrait montrer la preuve d’un motif légitime (tir, chasse, collection, …)
- on devrait commander et payer la pièce.
- et l’arme ne serait livrée que quelques mois plus tard.
Ces étapes obligatoires permettraient ainsi de laisser réfléchir le candidat acheteur.

2) Tout nouvel achat de munitions devrait pouvoir être justifié par un motif valable (carte de tireur, de chasseur, …).

3) Toutes les armes existantes devraient pouvoir être conservées sans déclaration (on craint bien sûr une rentrée future de ce qui sera connu). Quel est l’intérêt réel de vouloir connaître à toutes fins où se trouvent les armes des citoyens ? Aucun, la déclaration n’empêchera jamais l’utilisation ! Le seul intérêt est pour une future prohibition … que personne n’ose avouer … mais à laquelle certains partis liberticides pensent sans doute déjà ! Il n’y a pas d’autre but !

4) Toutes les armes actuelles ne devraient pas être taxées (ces taxes sont un frein à une déclaration volontaire pour le tir ou la chasse).

5) On a libéré récemment tous les fusils de guerre à verrou ; pourquoi ne pas en faire autant des armes de chasse existantes à verrou ? Et des armes de tir du même principe ? Ou mieux encore, de toutes les armes à répétition manuelle qui existent de toute façon déjà dans la population ?

6) Liberté pour tous les fusils de chasse (à 1 ou 2 coups) existants, même les 9mm Flobert (l’interdiction de ce calibre est risible et ne repose que sur une facilité du législateur … mais ne grandit pas celui-ci !).

7) Facilités pour les chasseurs, les tireurs, les collectionneurs, d’acquérir toutes les armes voulues (qu’ils peuvent ainsi sortir du marché noir). Ces gens ont fait la preuve de leur honorabilité … il vaut mieux que les armes arrivent chez eux plutôt qu’à la vente dans des endroits louches !

8) Autorisation pour eux de tirer avec toutes ces armes dans des endroits sécurisés et moyennant licence (chasse ou tir). Cela les incitera à mettre le prix, à rivaliser avec leur argent contre les voyous, à déclarer ce qu’ils estiment nécessaires à leur sport.

9) Augmentation de la liste des armes dites « de panoplie » pour lesquelles aucune autorisation de détention n’est nécessaire (certaines armes sont libérées ; d’autres, quasi identiques, ne le sont pas …car construites à plus d’exemplaires … OK, mais depuis le temps, les secondes sont devenues presque aussi rares que les premières et méritent donc toute notre attention !). Il faut savoir que les armes de panoplie attisent plus la convoitise des collectionneurs que des malfrats (à cause du prix élevé où ce statut les fait parvenir). Sans cela, notre patrimoine commun part vers l’étranger où l’on offre de très bons prix pour ces armes rares.

10) Pour ceux qui le souhaitent, démilitarisation (définitive ou provisoire) de leurs armes gratuitement par le Banc d’Epreuves de Liège. Si démilitarisation provisoire, gratuité aussi pour la remise en état de tir.

11) Pas de renouvellement obligatoire des autorisations actuellement existantes (défense, tireurs, collectionneurs, armuriers, chasseurs, musées, …) et conservation de celles-ci à vie (sauf si condamnation grave).

12) Possibilité, pour ceux qui le souhaitent, de remettre leurs armes aux autorités moyennant un dédommagement en rapport avec la valeur réelle des pièces.

Fini le marché noir

Grâce à ces mesures, beaucoup des armes disponibles seront récupérées par d’honnêtes gens, plutôt que d’arriver comme actuellement sur le marché noir et entre toutes les mains. Mais il faut pour cela rendre confiance à ces personnes.

Ce qui est primordial, c’est que la future loi soit bien réfléchie, qu’elle redonne confiance dans les institutions, qu’elle n’aille plus se ridiculiser par un nouveau boycott de la population. Il faut savoir que toutes les armes dont on pouvait espérer la rentrée ont été remises (moins de 200.000 [*] … sur 2.000.000 estimées - estimation très prudente !) ; pour les autres, il ne faut plus se faire beaucoup d’illusions ! Elles resteront là où elles sont, quelles que soient les menaces, les pressions, les intimidations. Il faut maintenant sortir le maximum d’honnêtes citoyens de l’illégalité forcée où on les a injustement et maladroitement poussés.


[*et il s’agit presque exclusivement d’armes déclarées antérieurement en toute confiance et qu’il n’a plus été possible de soustraire ; quasi aucune arme non connue des autorités … et encore bien moins encore d’armes illégales.