Le prototype réalisé artisanalement par John Moses Browning de l’arme qui deviendra le Browning 1900 remonte à 1897. La Fabrique Nationale d’Armes de Guerre (FN) met au point ses premiers prototypes en 1898, et les armes de série sont commercialisées dès le mois de janvier 1899.
Le modèle 1899, alors désigné sous l’appellation « Pistolet Browning », rencontre immédiatement un succès commercial important, avec 3 900 exemplaires expédiés dans le monde au cours de la première année. Lors des essais militaires belges conduits tout au long de l’année 1899, le pistolet Browning surclasse l’ensemble de ses concurrents. À l’issue des tests d’évaluation, après quelques modifications techniques, l’armée belge l’adopte sous la dénomination « Modèle 1900 », une appellation reprise aussitôt par la FN.
À l’origine, le Modèle 1900 devait demeurer un pistolet à vocation strictement militaire. À l’exception du chargeur et de quelques pièces mineures, il ne présente aucune interchangeabilité avec le Modèle 1899. Ce dernier restera toutefois en production jusqu’en 1901, pour un total d’environ 14 500 exemplaires fabriqués.
Une exclusion du classement des armes de collection.
Du point de vue du Service central des armes et explosifs, le Browning 1899 ne peut être qualifié d’« arme rare », au regard des volumes produits et diffusés. S’il se distingue techniquement du Modèle 1900, il en conserve néanmoins la caractéristique essentielle de chambrer une munition moderne identique.
C’est dans ce contexte qu’à l’occasion de la publication de la doctrine relative au classement des armes anciennes, il a été décidé d’exclure de la catégorie D§e) l’ensemble des armes de poing, tous fabricants et tous modèles confondus, chambrées en calibres 6,35 Browning (.25 ACP), 7,65 Browning (.32 ACP) et .38 Special. (Voir article.)
La raison de cette décision repose sur plusieurs critères cumulatifs :
– une production relativement importante des armes concernées ;
– l’existence de munitions toujours manufacturées en grandes quantités ;
– la difficulté pratique à situer précisément la fabrication de certains modèles dans le temps.
Il en résulte que ces armes, bien que pouvant être antérieures au 1er janvier 1900, ne bénéficient pas d’un classement en catégorie D§e) mais restent ou basculent en catégorie B.
Articulation juridique du classement.
Sous l’intitulé « lignes directrices du classement des Armes Historiques et de Collection (A.H.C.) », l’administration a précisé les critères permettant d’inclure ou d’exclure certaines armes situées à la limite du millésime 1900, ou ayant fait l’objet de modifications postérieures à cette date.
Par ailleurs, afin d’exclure du classement en armes de collection un certain nombre d’armes considérées comme présentant un niveau de dangerosité particulier, l’administration a modifié l’arrêté du 24 août 2018, en y intégrant notamment le calibre 7,65 Browning. Elle se sert de cet arrêté comme d’une « variable d’ajustement », afin de classer, reclasser, libérer ou surclasser les armes selon l’objectif qu’elle poursuit. C’est d’ailleurs exprimé textuellement dans la doctrine : « Le SCAE conserve toutefois une liberté d’appréciation qui doit le conduire à écarter l’application des lignes directrices si l’intérêt général l’exige. »
Il ne s’agit donc pas d’un classement spécifique ayant pour effet de verser ces armes antérieures à 1900 dans la catégorie B 9° [1], mais d’une exclusion du classement en D§e). Les armes ainsi exclues sont reclassées dans les paragraphes correspondant à leurs caractéristiques techniques et à leur régime juridique propre.
| Voir pour l’anecdote historique : Deux pistolets semi-automatiques FN Browning modèle 1900 aux origines mystérieuses | |

