Lexique

Histoire : Début de cartouches métallique pour arme rayée

samedi 14 février 2026, par Jean-Jacques BUIGNE fondateur de l’UFA

L’arme rayée était inventée bien avant la cartouche, mais peu diffusée à cause de son prix de revient élevé et la difficulté de chargement des armes par la bouche. Il fallait forcer la balle dans les rayures, d’où lenteur du chargement.

Néanmoins la précision obtenue grâce à la stabilité des balles par effet gyroscopique imprimé à celles-ci par la rayure hélicoïdale, permit l’emploi de l’arme rayée pour des missions spéciales d’ordre militaire, où la précision des tirs à grande distance était requise, sans pour autant avoir besoin d’une cadence rapide de tir.
La découverte vers 1807 par l’anglais Forsyth de l’amorce fulminante (qui détonne au choc) permit la réalisation par Pottet en 1836 de la première cartouche à percussion centrale. Les moyens techniques de l’époque ne permirent pas une exploitation industrielle de cette invention.

 Flobert armurier Français invente en 1843 la percussion annulaire, d’une réalisation plus simple et moins onéreuse. Mais le handicap d’une douille nécessairement mince et molle pour permettre une percussion sûre, limitait la puissance de ces munitions.

 Bosquette améliora sensiblement le principe en ajoutant une légère charge de poudre sur la composition fulminante, et en renforçant un peu la douille. A part quelques gros calibres Américains et Suisses, la faible pression admise par ces douilles a conduit les fabricants à se limiter presque exclusivement aux calibres de stands et particulièrement au cal 22 universellement connu.

 Les anglais en 1864 réalisèrent pour leur fusil Snider une cartouche entièrement métallique produite en grande série pour l’armée.

 Les allemands en 1871 suivaient avec le 11 mm mauser.

 Les français en 1874 avec le 11 mm gras identique en munition.

 L’ingénieur Français Vieille invente en 1886 la poudre sans fumée ;

 Lebel réalise le fusil de guerre modèle 1886 tirant une balle de 8 mm blindée. La vitesse initiale augmente de 20 % et l’énergie est doublée. Très rapidement les autres nations suivent. Les Allemands en 1898 avec le célèbre Mauser 8 x 57 à douille à gorge permettant l’alimentation rationnelle par chargeur vertical à planchette élévatrice. L’application à la chasse de ces découvertes ne se fit que très lentement. Une polémique entre partisans des gros calibres, et des petits calibres à haute vitesse s’en suivit. Elle n’est pas encore tout à fait éteinte.

Merci à Yves Étiévant pour son illustration ;

De gauche à droite :
 1 - 6 mm Flobert originale avec bourrelet conique et marquée F en relief sur la balle (pour Flobert lui même) ;
 2 - 6 mm Flobert améliorée par Bosquette par l’adoption d’une balle auto-nettoyante qui s’avérera plus précise que la balle ronde et qui deviendra à terme la balle cylindro-conique communément appelée 6 mm Bosquette (à noter que les étuis à double culot en cuivre et laiton sont plus tardifs et ne sont pas une invention de Bosquette) ;
 3 - .577 Snider Mk IV de 1867 ;
 4 - 11 mm Mauser Mle 1873 ;
 5 - 11 mm Gras Mle 1874 ;
 6 - 8 mm Lebel Mle 1886 ;
 7 - 8 mm Mauser Mle 1888.