Pourquoi cette interdiction ?
Le principe du masque "anti-gaz" a été inventé en 1799 pour protéger les mineurs des poussières. Avant la Première Guerre Mondiale ce n’est qu’un appareil élémentaire comportant un simple morceau de coton, d’éponges mouillées et deux tuyaux pour récolter l’air près du sol. Cette nouvelle protection devenait indispensable après la bataille d’Ypres et l’utilisation d’une arme nouvelle, le gaz de combat sous forme de chlore gazeux. L’emploi de multiples formes de gaz de combat a tellement marqué les esprits que, pris de panique, la population française s’est équipée de masques à gaz dans les années 1920-1939 en vue de résister à une éventuelle prochaine guerre ou des gaz de combat seraient utilisés.
Les fabricants ont alors produit des quantités de modèles plus ou moins efficaces et qui donnaient l’illusion d’une protection contre des substances de plus en plus complexes et dangereuses. Pour l’Etat, il fallait éviter que des matériels de mauvaise qualité se retrouvent sur le marché.
Tout naturellement le décret de 1939 [1] a classé les masques à gaz en 3e catégorie, afin d’en surveiller les fabricants et de contrôler la qualité de fabrication. Si c’est dans une intention louable que ce classement a été fait, les services répressifs ont poursuivi durant des années et ordonné la destruction de ces matériels.
Le décret de 1995 a gardé ce classement avec en mémoire l’utilisation qu’en ont faite les étudiants de mai 68. Il ne fallait pas que cela se reproduise.
Avec la LSI [2] il y a eu la possibilité d’obtenir une autorisation pour un musée, mais encore récemment une note du Ministère de l’Intérieur [3] confirmait : « seules peuvent les détenir les personnes morales de droit public ou de droit privé, à l’exclusion des personnes physiques. »
| Saisi par les douanes
En juin 2009, un collectionneur achète aux USA un masque à gaz dans sa boite d’origine. A l’aéroport de Périgueux les services douaniers le saisissent pour destruction et transigent avec le destinataire pour une amende. Suite à la question d’un député [4] le Ministre du budget affirme que le masque sera remis au Ministère de la Défense pour un musée. Un musée régional l’a réclamé sans réponse. Il se chuchote dans la région que le masque à gaz trône au milieu d’un bureau administratif ! L’UFA vient de relancer « le bouchon » pour avoir enfin satisfaction. |
Des collectionneurs heureux
La nouvelle loi [5] classe les masques à gaz dans la catégorie A2, c’est à dire le matériel de guerre et armes interdits à l’acquisition et à la détention.
Heureusement que, sous l’action du lobby des collectionneurs [6], le législateur a déclassé les matériels antérieurs à 1946) [7]. Ainsi les « Matériels de guerre antérieurs au 1er janvier 1946… » sont classés en D2° § k) du décret. L’achat et la détention en reste totalement libres. Attention ! Le transport peut poser des problèmes comme toute la catégorie D2 : armes avant 1900, armes neutralisées, répliques etc… Mais nous reviendrons sur ce sujet lors d’un autre article.
Il faut donc limiter sa collection aux vieux masques, les masques postérieurs à la 2e GM restent interdits. Et comme le disait récemment un haut fonctionnaire à propos des collectionneurs et de leurs armes : « il est impensable de risquer des ennuis pour quelques bouts de ferrailles ».
| Clin d’oeil
En suisse, l’abri en sous-sol et l’équipement NBC sont obligatoires pour tout citoyen. Ainsi le suisse peut se protéger : |
| Très bon article historique sur les marques à gaz français 1920-1940. |