Les manifestants reprochent au gouvernement d’Ottawa de viser prioritairement des propriétaires légalement établis, respectueux de la réglementation en vigueur. Chasseurs et tireurs sportifs étaient présents en nombre, réunis autour d’un mot d’ordre commun : refuser la remise obligatoire de leurs armes. Le Québec demeure, à ce stade, la seule province ayant accepté de collaborer au dispositif fédéral de rachat et de destruction. Les participants dénoncent une politique de sécurité qu’ils jugent mal orientée, estimant qu’elle pénalise les détenteurs conformes plutôt que de cibler la délinquance.
Un programme fédéral contesté
Le budget alloué à l’opération est plafonné à 250 millions de dollars pour l’ensemble du territoire canadien. Si la somme apparaît significative, les opposants considèrent qu’elle serait insuffisante et ne permettrait, selon leurs estimations, d’indemniser qu’environ 1 % des détenteurs concernés.
Depuis près de six ans, le gouvernement libéral a progressivement interdit environ 2 500 modèles et variantes d’armes à feu, notamment en raison de leur apparence dite « militaire » ou des caractéristiques balistiques de leurs munitions. Les armes visées devront être remises, neutralisées ou détruites avant le 30 octobre 2026, date fixée pour la fin de la période d’amnistie.
Un pays profondément divisé
L’opinion publique demeure divisée. À la différence du Québec, plusieurs provinces – notamment l’Ontario, l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador – ont exprimé leur opposition au programme fédéral.
Parmi les détenteurs concernés, certains affichent une volonté ferme de conserver leurs armes malgré le dispositif annoncé. D’autres se déclarent disposés à s’en dessaisir, sous réserve d’une indemnisation conforme aux valeurs de marché et d’une garantie de stabilité réglementaire à moyen terme.




