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Gazette des armes n°429 mars 2011

Une affaire de politique

vendredi 18 février 2011, par Jean-Jacques BUIGNE président de l’UFA

Avec la création de la Mission sur les Violences par armes à feu, la proposition de loi Le Roux-Bodin-Warsmann a été un choix politique. Pourtant le Gouvernement avait promis qu’il déposerait un projet de loi à l’issue du Groupe de Travail du Ministère de l’Intérieur. Il semble que les trois députés ont pris tout le monde de vitesse et le gouvernement a choisi de soutenir la proposition de loi Socialo-UMP. Elle présentait l’avantage politique d’un travail d’une union droite-gauche. C’est la « mode » en ce moment de faire passer des textes présentés par des parlementaires de divers bords réunis, leur approbation à l’unanimité par les deux Assemblées est gagnée d’avance !

Avant même le vote en Commission des Lois, le Gouvernement a fait retirer la carte grise et le délai de refroidissement, ces deux points étaient absurdes et inutiles. Mais la notion de « dangerosité avérée » a été ajoutée et le mot « à feu » a été supprimé de la définition des armes. Vous savez à quel point ces deux éléments changent la donne et rendent ce texte très dangereux, nous laissant à la merci du « bon vouloir » de l’administration. [1].

Quant au passage en force du 25 janvier à l’Assemblée Nationale, en prenant tout le monde de vitesse, il remporte la palme antidémocratique : impossible même pour les députés motivés de déposer leurs amendements. Du coup le texte adopté en première lecture est inacceptable et devra subir un « nettoyage » lors de son passage au Sénat pour avoir l’assentiment des citoyens.

Du bruit à gauche

Les détenteurs d’armes ont compris qu’ils étaient en train de se faire « flouer » et ont commencé à faire du bruit.

Même certains députés et sénateurs socialistes l’ont compris et essayent de refiler la « patate chaude » à l’UMP en disant : « c’est pas nous ! ». Ils se souviennent de ce qui s’est passé 18 avril 2002. Avec ses 9 mesures contre les armes, suggérées par Le Roux, Lionel Jospin avait perdu son élection avec un manque de 200 000 voix : celles des détenteurs d’armes. Autrement dit les parlementaires se démarquent en privé, Le Roux deviendrait dangereux pour eux.

Raz de marée

Un flot de mails ou de courriers de détenteurs d’armes a submergé parlementaires et politiques. Le « peuple de base » a exprimé spontanément ses craintes et son mécontentement.

Le pouvoir prend conscience

Un mémo adressé en « haut » a permis à la Présidence de la République de comprendre et mesurer l’importance de l’événement. Les groupes UMP des deux assemblées sont également sensibles au mécontentement des amateurs. Au moment où ces lignes sont écrites, impossible de dire ce qu’il va se passer. Mais s’il devient évident que la solution n’est que politique, il n’aura pas fallu de cabinet de Lobbying pour arriver à ce résultat.


[1Ce qui est contraire à l’art 16 de la DDH de 1789 sur les droits et la séparation des pouvoir. Ainsi qu’à l’article 34 de la constitution avec le droit de propriété

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