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Europe et neutralisation : une catastrophe !

vendredi 20 juillet 2018, par Jean-Jacques BUIGNE président de l’UFA

Bruxelles avait décidé d’éliminer les armes neutralisées. Le règlement draconien publié en 2015 était déjà très néfaste. Mais les deux nouvelles mesures font perdre tout intérêt aux armes neutralisées : leur réduction à l’état de ferraille, et leur classement en catégorie C soumise à déclaration.

Suite au dernier règlement européen, les armes qui sont neutralisées depuis le 28 juin [1], ne fonctionnent plus et plus rien ne se démonte :
- la culasse ne peut plus s’ouvrir,
- la détente ne peut plus être actionnée,
- le chargeur est soudé dans le couloir d’alimentation ou la poignée.
Ce n’est plus une neutralisation : c’est le stade précédant la destruction !
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Sur ce Webley, on peut mesurer les conséquences des nouvelles neutralisations.
Le barillet est indémontable, la carcasse ne couvre plus, la détente est fixe et, une ouverture béante est sous le canon.

Bref nous sommes en présence d’une arme qui à tout l’apparence de l’authenticité mais qui est devenue un bloc de ferraille qui fait perdre tout intérêt de la collection d’arme neutralisation. Elle ressemble à une arme de la même façon qu’une qu’une momie peut rappeler un être vivant ou le « canada dry » de l’alcool.

Seule consolation, le banc d’épreuve de St Etienne limite les dégâts en faisant un travail propre qui est invisible de l’extérieur : pas de soudure, ni de coup de lime, ni d’orifice divers. A l’exception des revolvers dont le canon est fraisé sur presque toute la longueur dans sa partie inférieure.

Les conséquences

Mais tous ne vont pas avoir cette sagesse : les deux guerres mondiales ont laissé des millions d’armes oubliées ou perdues par les combattants sur notre territoire. Jusque là, il était courant que les collectionneurs qui découvraient l’une de ces armes au hasard d’une succession, la fassent neutraliser pour le conserver sans formalité et sans enfreindre la loi. Ce comportement vertueux, qui avait mis des décennies à s’établir, vient de voler en éclat sous l’effet des dispositions imbéciles qui ont été adoptées : si ces collectionneurs acceptaient que l’arme ne puisse plus jamais tirer (d’ailleurs où tirer aujourd’hui avec une MG 42 ou une MP 40 ?), ils étaient par contre attachés au fait que son mécanisme était préservé et que ce témoignage de l’histoire puisse être transmise aux générations suivantes ou en cas de besoin être librement revendue.
Désormais, quand elles découvrent une arme de guerre en état de tir, de plus en plus de personnes préfèrent la dissimuler et de la conserver dans cet état, malgré les importantes sanctions encourues. «  Qu’elle belle réussite !  »

Situation contre-productive

Avec une situation aussi absurde, ces apprentis sorciers de Bruxelles ont cru lutter contre le trafic d’armes. Ils n’ont pas conscience qu’ils viennent de créer tout un pan de transaction occulte. Transformer une arme en bloc de ferraille est aussi inacceptable que de donner des coups de cutters dans une toile de maître.


Continuer d’appeler cela des armes neutralisées, est une véritable supercherie : un bloc de ferraille qui perds sa mécanique, n’est plus une arme de collection !

Consulter l’article sur la nouveau régime juridique des armes neutralisées.


[1Avec les délais de neutralisation du Banc d’Epreuve de St Etienne, ce sont toutes les armes qui ont été expédiées depuis début mars 2018 qui sont concernées,

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