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Billet d’humeur

Malheur aux porteurs de mauvaises nouvelles !

jeudi 28 décembre 2017, par Erwan

Chaque mois, l’UFA reçoit des demandes de collectionneurs pour identifier une arme en leur possession ou d’en préciser la catégorie.

Bon nombre de ces demandes sont inexploitables, soit parce que la description manque de précision, soit parce que la mauvaise qualité des photos ou l’état de l’arme ne permet pas d’examiner ses marquages. Il faut bien comprendre que les experts bénévoles de l’association qui vont tenter de répondre à ces interrogations ne sont pas des voyants ou des extralucides !

Depuis 2013, bon nombre de demandes concernent la détermination de la catégorie de certains modèles d’armes de poing se situant le plus souvent à la frontière des catégories B et D2. Les réponses sont traitées par des collectionneurs expérimentés, disposant de grandes connaissances dans le domaine concerné et aussi d’une documentation hors de proportion avec celle que peut posséder un simple particulier. Les recherches, souvent très chronophages, sont effectués de façon bénévole : elles constituent un service rendu par l’UFA à ses adhérents et à ceux qui sont en train de le devenir.

Les réponses de nos experts à une identifications ou à un classement ne sont pas toujours bien acceptées par les demandeurs :
- Quand la question porte sur une identification, certains adhérents, qui se sont parfois contentés de transmettre deux médiocres photos d’une arme tout à fait ordinaire et en fort mauvais état, se montrent déçus que la réponse de l’UFA ne leur révèle pas que leur tas de rouille est une pièce d’une extrême rareté et d’une valeur considérable. Pour un peu il souhaiterait que l’expert bénévole consacre plusieurs semaines de son temps et de son énergie à établir qu’il s’agit malgré tout d’une pièce intéressante !
- Lorsque l’UFA est consultée sur un classement, la confirmation d’un classement en catégorie D2, est toujours reçue avec satisfaction...Tout du moins quand les demandeurs ont la courtoisie d’accuser réception de la réponse !

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Le cas du Hand Ejector a remué les experts de l’UFA, son propriétaire voulant à tout prix que son revolver normalement classée en B
par arrêté, soit une arme de collection
classée en D2.

Un verdict de classement en catégorie B est souvent moins bien accepté. Nous comprenons bien que c’est beaucoup moins satisfaisant. En effet, les propriétaires vont devoir se dessaisir de leur arme ou la dissimuler pendant de longues années jusqu’au jour hypothétique où la règlementation aura encore évoluée dans le bon sens. Tout ce que souhaite le collectionneur est de pouvoir jouir ouvertement de ses pièces et aussi, en cas de besoin, de pouvoir les revendre ouvertement et légalement à d’autres passionnés. Alors qu’il se retrouve avec un stock d’armes clandestin avec le risque pénal qui est important.

Certains détenteurs d’armes acceptent cette mauvaise nouvelle avec résignation et avec le soulagement d’avoir évité de se placer en infraction en publiant par exemple une annonce pour vendre leur pièce. D’autres s’insurgent contre le verdict en s’offusquant du fait que l’expert de l’UFA n’ait pas appuyé leur espoir d’en classement en catégorie D2. Ne parlons même pas de ceux qui tentent (en pure perte !) de nous manipuler ou de nous dicter la réponse qu’ils souhaiteraient nous voir écrire afin de l’utiliser lors de la commercialisation de leur arme.

Il faut bien comprendre combien cette attitude est infantile : un expert se doit de demeurer impartial et d’une rigueur scrupuleuse. L’expertise ne fait que traduire des éléments objectifs et si vous confiez un jour à un expert vétérinaire la photo de votre Terre-Neuve en essayant de lui faire attester qu’il s’agit d’un chat, il ne pourra que vous répondre qu’il s’agit d’un chien !

« Les porteurs de mauvaises nouvelles » « Les porteurs de mauvaises nouvelles ».
Ce tableau exposé au salon de 1872 par le peintre Pierre Lecomte de Nouÿ (1883-1947) illustre un passage du « roman de la Momie » de Théophile Gautier : » : « Un second messager roula à côté du premier. Un troisième eut le même sort. Et Pharaon, planant par l’œil de la pensée sur cette ville démesurée, dont il était le maître absolu, réfléchissait tristement aux bornes du pouvoir humain... » . Certains collectionneurs aimeraient probablement voir châtiés les experts qui leur annoncent des nouvelles contrariantes !

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