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Article paru dans la Gazette des armes n° 482 de janvier 2016

L’europe des armes neutralisées.

lundi 11 janvier 2016, par Jean-Jacques BUIGNE président de l’UFA

Lorsque j’ai écris cet article, le règlement européen n’était pas encore publié (voir article) et la Commission s’est un peu mélangé dans sa proposition de modification de la directive.

Elle disait :
- d’un coté : Les États membres peuvent autoriser les organismes à vocation culturelle et historique ... à détenir des armes à feu de la catégorie A acquises avant... à condition que ces armes à feu aient été neutralisées...
et de l’autre : ... à l’exception des musées, nul ne pourra être propriétaire d’armes à feu de catégorie A neutralisées ou en faire le commerce.
Ces dissonances ont produit beaucoup d’émotion dans le monde de la conservation des armes.

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Le Royal Armouries gère les musées : de Leeds, la tour de Londres et le fort Nelson

Les Musées Anglais montent au créneau

Le leader de la Chambre des Communes a déclaré devant les parlementaires : « Le British army muséum et le Royal Armouries Muséum préviennent des pertes irrémédiables qui pourraient être faites à leurs collections d’armes, si les modifications de la directive proposées par l’UE sont appliquées. » [1]
Et nous savons combien les musées anglais ont du poids. A la suite du massacre de Dunblane en 1996, le gouvernement anglais a cherché à interdire toutes les armes de poing et les fusils automatiques. C’est grâce à l’intervention des Musées qui ont défendu le millésime charnière de 1920, qu’ont été sauvées toutes les armes antérieures à cette date. Les collectionneurs britanniques ont été soulagés.

L’ICOMAM

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Le Comité international des Musées et Col- lection d’Armes et d’Histoire Militaire est une sorte de trait d’union entre tous.

C’est l’un des 30 comités internationaux des Musées, sorte de comité de réflexion sur la problématique de conservation des « témoins du passé et trésors de l’humanité ».
Suite à la récente proposition de Bruxelles il déclare « Que cela nous convienne ou pas, l’industrie de l’armement ainsi que l’utilisation des armes à feu fait partie de notre histoire... ... il est important de raconter et de présenter les faits au sujet des armes, ainsi que d’autres développements militaires, comme une partie de l’histoire universelle de l’humanité. La Directive, dans sa version actuelle, aura certainement des conséquences sur la préservation et l’étude des armes rares et historiquement significatives, si elle est promulguée. Non seulement cela causerait des dommages irréparables et irresponsables aux collections des membres de l’ICOMAM mais cela restreindrait pour toujours les générations futures dans la compréhension de leur propre histoire. »
Le Comité se plaint de n’avoir jamais été consulté en tant que « partie prenante » et pourtant c’est la seule institution dans ce domaine. Ses membres sont des Musées Nationaux de beaucoup de pays de l’UE. La neutralisation des armes de catégorie A détenues dans les musées constituerait la « destruction des sources historiques, non seulement pour le passé, mais également pour l’avenir ». Cela vient à l’encontre de la « bonne pratique » dans les musées.
Alors que l’importance de l’héritage culturel est reconnue universellement, le Comité est impliqué en partenariat avec l’UNESCO, INTERPOL, l’Organisation Mondiale des Douanes. Accomplir ses missions deviendrait impossible, si toutes les armes sont neutralisées.


[1Daily Télégraphedu 17 décembre 2015.

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