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Article paru dans la GA 467 de septembre 2014

Le collectionneur insatisfait : toujours plus !

lundi 22 septembre 2014, par Jean-Jacques BUIGNE président de l’UFA

En 1982, dans son ouvrage « Toujours Plus ! » un journaliste [1] détaillait les avantages exorbitants que certains corps de métiers, forts de leur position stratégique dans la société, étaient parvenus à obtenir durant les 30 glorieuses [2]
. Plusieurs décennies plus tard ces privilèges, jadis considérés comme légitimes, exaspèrent la majorité de nos compatriotes. Et nos gouvernements sont impuissants à imposer aux organisations syndicales un retour aux règles communes.

Alors que la plupart des collectionneurs se réjouissent des avancées que leur procure la loi du 6 mars 2012, l’attitude de certains d’entre eux s’apparente aujourd’hui au « toujours plus syndicaliste ». Ces derniers s’acharnent à défendre avec passion que tel modèle d’arme étant classé en catégorie D2, alors que tel autre encore classé en catégorie B ou C, devrait absolument « passer en D2 », car il ne se différencient du précédent que par quelques détails infimes, qui ne sauraient mettre la société en danger.

L’UFA s’emploie de longue date à faire bénéficier d’un classement en catégorie D2 un certain nombre d’armes du tout début du XX siècle, qui à l’évidence ne se différencient pas d’armes du même type adoptées quelque temps avant le 1er janvier 1900. Notre association s’efforce également de faire revoir à la hausse la liste des armes rares d’un modèle postérieur à 1900 classées en D2.

Mais il faut bien comprendre que nos interlocuteurs de l’administration restent particulièrement attentifs aux mesures. Il ne faudrait pas déclasser un modèle d’arme de trop, qu’on leur reprocherait dans quelques années d’avoir servi à commettre un méfait.

Pris entre la volonté de libéralisation à outrance des amateurs d’armes et les craintes des syndicats de police qui refusent qu’un de leurs ressortissants soit un jour victime d’un coup de feu tiré par une arme imprudemment libérée, les responsables du Ministère de lIintérieur, qui ne sont pas eux-mêmes des collectionneurs, ne peuvent qu’étudier avec la plus grande circonspection les propositions de classement en D2 qui leurs sont faites. Dans ce contexte, seules les propositions totalement incontestables et argumentées ont une chance d’être acceptées.

Les revendications sauvages faites par certains de libérer tel ou tel modèle ne servent qu’à brouiller le message. Il faut que les collectionneurs le comprennent et cessent de s’efforcer d’aller aux limites de ce qui est permis.

L’UFA a élaboré et publié sur son site une liste d’armes dont elle propose le déclassement. Il est probable que ces propositions seront modulées par l’administration. Nous demandons aux collectionneurs d’essayer de s’en tenir à cette plateforme de propositions, soigneusement étudiées et en faveur desquelles notre association a réuni des dossiers solides, qui permettront de défendre efficacement leur classement en catégorie D2 le jour venu. Nous avons préparé des corrections, mais notre liste ne sera définitive que lorsque nous nous serons mis d’accord avec l’administration sur la définition du modèle.


[1François de Closets,

[2Période économique florissante et de plein emploi.

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