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Nouvelle règlementation

Billet d’humeur

vendredi 6 septembre 2013

Nous publions ce témoignage car il est symptomatique du monde des collectionneurs. Ce sont des passionnés qui sont "droits dans leur bottes" et qui ne feraient pas de mal à une mouche. Mais ils aime la justice.

Comme tout bon français, ils commencent à "raler" puis se rendent compte que ce n’est pas si mal que cela.

En ce jour d’entrée en vigueur de la loi du 6 mars 2012 organisant un contrôle modernisé, simplifié et préventif des armes, je devrais être dans l’allégresse alors que j’éprouve des sensations plutôt voisines de celle que procure une « gueule de bois ».

Pourquoi ce désenchantement ?


- En tant que tireur, les nouvelles dispositions concernant les autorisations dedétention d’armes nous satisfont,

- Comme collectionneur je suis particulièrement heureux de la suppression du classement par calibre. Même si je le trouve superflu, le classement en catégorie C de certaines armes d’épaule ne se traduira que par un surcroît de paperasserie, mais n’apporte pas de réelle restriction aux possibilités de de collectionner les armes d’apule à répétition manuelle et de tirer avec.

Il est vrai que comme tous mes concitoyens, je n’aime guère déclarer ce que je possède et que le fantôme de Marie Georges Buffet, toujours bien présent au fond de ma mémoires, me fait toujours redouter un train de mesures retro actives nous confisquant ce que j’aurai déclaré ! On ne dira jamais assez la perte de confiance dans les institutions que le projet Buffet Jospin de 2002 encore aggravé les absurdes dispositions appliquées ensuite aux fusils à pompe laisseront durablement dans l’inconscient collectif des tireurs et des collectionneurs.

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La série des Berthiers.
Ils sont maintenant accessible comme arme de chasse de la catégorie C et bientôt avec la carte du collectionneur.


- les dispositions prises pour les armes de poing me laissent par contre déçu et un peu déprimé ! Elles ne sont pourtant pas catastrophiques mais nous avions tous tant espéré un déclassement au moins partiel du revolver modèle 1892, un déclassement total des Colts modèle 1873 fabriqués avant la seconde guerre mondiale ainsi que celui des premier Mauser 1896, qu’il est impossible de ne pas rester frustré et inquiet !

Frustré parce qu’à la façon des enfants qui adressent de longues lettres au père Noël, nous avions élaboré des listes idéales d’armes méritant un classement en catégorie D.

Mais pourquoi cette extrême frustration ? Parce que j’ai au fond de moi l’impression que nous avons bénéfici éd’une opportunité exceptionnelle, qui ne se renouvellera pa sde sitôt et que si évolution il y a , elle sera probablement dans le sens de la restriction et non de la libération.

En 1980, les collectionneurs avaient bénéficié du déclassement des revolvers modèles 1873, 1874, 1885 et 1887, ainsi que d’un certain nombre d’armes d’épaules postérieures à 1870 emblématique de notre histoire militaire (FusilsGras, Kropatchek etc..). Six ans après cette excellente mesure fut publié le non moins excellent arrêté du 8 janvier 1986, déclassant 74 armes postérieures à 1870 (Borchardt, Bergmann Webley Fosberry, revolver 1982 à pompe etc). Cetet liste fut complétée deux ans après par un autre arrêté déclassant les Webley RIC, les Bull-dog et leurs copies Belges. Mais depuis, nous n’avons bénéficié jusqu’à cette année d’aucune nouveau extension de la liste de déclassement d’armes postérieures à 1870 présentant une rareté ou un intérêt technique particulier.

Nous attendons désormais ce que l’administration décidera dans ce domaine, semble-t-il en 2014.

Le classement comme arme à dangerosité avérée des Colt 1873 d’après 1900 des revolvers suisses modèles 1882 et 1882/29, ainsi que de l’antique Bodeo italien, augurent mal de la façon dont sera traité le problème.

En 1986, j’avais pris avec philosophie l’oubli dans la liste de déclassement de quelques armes aussi évidentes que les pistolets Roth Steyr modèle 1907, Roth Sauer, Colt 1902 ou Mannlicher modèle 1905. A l’époque, j’avais 32 ans et je pensais que les choses s’amélioreraient dans les années suivantes. Mais pendant les 27 années suivantes, les seules mesures prises ont été d’ordre restrictif.

J’ai aujourd’hui 59 ans et c’est sans doute pourquoi j’espère encore que la liste des armes d’un modèle postérieur à 1900 classées en catégorie D qui devrait être publiée en 2014 sera aussi libérale que possible.

Cela prouve sans doute que je n’ai pas cessé de croire au père Noël !

Une bonne législation !

Et pourtant, malgré ces propos désabusés je trouve que vous avons désormais globalement une "bonne législation".

Je rentre du stand où je viens de trouer quelques cibles, enfin en toute légalité, avec une carabine K98k en calibre d’origine : quelle avancée !

Seul le classement des armes de poing me reste quelque peu « en travers de la gorge » et pourtant, je ne peux m’empêcher de me demander si le législateur ne nous a pas rendu service malgré nous en refusant d’ouvrir a fond le robinet des armes en détention libre.

Il s’est au bout du compte contenté de maintenir sous régime d’autorisation administrative les armes de poing encore massivement fabriquées après 1900, tout en conservant en catégorie D des armes de conception parfois plus moderne mais dont la fabrication a totalement cessé vers 1900, comme les Colt et les S&W à double action.

La même logique a prévalu pour les armes d’épaule (Mauser 98, Mosin Nagant 1891, Winchester diverses), même si certains choix peuvent ouvrir matière à débat.

La surprise la plus grande vient du maintien en catégorie C des armes système Berthier, pourtant largement antiques et plus fabriquées depuis les années trente. On peut supposer que l’expert qui a fait ce choix appartenait au ministère de l’intérieur et qu’il n’ pas oublié que les compagnies républicaines de sécurité étaient encore armées de mousqueton Berthier jusqu’aux alentours de 1990.

A une époque où il semble exister un réel malaise dans les forces de police il aurait peut être maladroit de classer en catégorie D ces mousquetons qui étaient l’arme de dotation de certains fonctionnaires il y a encore moins de 20 ans. Non pas parce que ces derniers auraient été susceptibles de voir une preuve du laxisme de l’état dans le déclassement de ces armes mi carabines / mi matraques, mais parce que ce choix n’aurait pu que leur confirmer leur conviction d’avoir été bien mal traités et méprisés par des autorités, capables de laisser équipés d’armes conçues avant l’armistice de 1918 les défenseurs de l’ordre républicain !

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